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bouquins
Description du blog :
Voici un endroit tranquille ou je disposerai au fil du temps mes compositions...
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
16.09.2007
Dernière mise à jour :
16.09.2007
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Le chevalier sans repos

Posté le 16.09.2007 par bouquins
[i]Le Chevalier Sans Repos,

Ce matin dès les premières pluies,
Le Chevalier Sans Repos a livré combat.
Son adversaire cette fois plus fort que lui,
La victoire n’allait pas être sans trépas.

On lui donne la force d’un lion,
A l’autre la vitesse d’un lévrier.
On lui donne l’adresse d’un mirmidon,
A l’autre la ruse d’un Ulysse dépité.

Chacun a quitté foyers et champs,
Pour admirer ce combat sans pitié.
Règne dès lors un véritable rassemblement,
Sur la pleine autrefois plus que désolée.

Par, des deux soldats, une brève révérence,
Le prometteur combat commence.
Les chevaux galopent sur le jaune pâturage,
Les chevaliers, eux, enfin s’engagent.

Pendant un très long moment,
Ce n’est que brefs coups d’épées,
Quelques balafres et saignement.
Rien encore qui ne soit bien placé.

Enfin en fin de matinée,
Un des chevaliers prend la main,
En expulsant l’ennemi de son coursier,
Le mettant à terre, accomplissant (ainsi) son dessein.

Sa lame pointée sur son cœur,
Le chevalier regarde le vaincu.
La foule voit venir son heure,
Ou peut-être la clémence lui est vertu ?

Le chevalier est fort, rapide et agile,
Assurément aussi malin que le goupil,
Mais malheureusement pour l’homme à terre,
Etre magnanime n’est pas de son caractère.

Brièvement pour éviter les souffrances,
Il (le victorieux) enfonce son arme dans sa pense.
Le soleil voilé mais haut ; il sonne midi,
Déjà le pauvre homme a périt.

Les paysans acclament le vainqueur,
Lui demandant d’enlever son home.
Celui-ci remercie les spectateurs,
Et retire doucement son casque de chaume.

Tous restèrent bouche bée,
Quand une longue et rousse crinière,
Retomba du masque enlevé,
Révélant non pas un cavalier, mais une palefrenière...
[/i]



--

Casino

Posté le 16.09.2007 par bouquins
Casino:

Vous connaissez sûrement les sept péchés capitaux. Il y a l’avarice, la colère, la luxure, la gourmandise, l’orgueil, la jalousie et la paresse. Et pourtant, il en manque un. Le ludisme. Certains pourront le classer sous l’avarice, mais croyez-en un expert, l’argent compte si peu. Le démon du jeu est en fait ce qui nous pousse vers lui. Voilà pourquoi il y a huit péchés capitaux.
Je suis d’un naturel très joueur, mais prudent tout de même ce qui m’a épargné la situation de surendetté. Pourtant, le jeu m’a enlevé bien plus que de simples biens matériaux...

C’était il y a trente ans de cela. Curieusement, on pourrait aussi bien dire que cela s’est passé il y a cinquante ans...

Ce matin, en ouvrant ma boîte aux lettres, je découvris une publicité qui tombait plutôt bien. Sur un papier un peu jauni et terni, je découvris une annonce pour un nouveau casino, au centre ville. Pour son inauguration, l’entrée était gratuite. Je fus un peu étonné par le style vieillot de la publicité, mais je me dis que c’était sûrement fait exprès. Je rentrai à la maison et dis à ma très chère femme: « Ma chérie, met ton manteau de fourrure, tes plus beaux bijoux et cours chez ta coiffeuse; il faut faire impression, ce soir nous allons au casino. » D’habitude, elle n’aime pas trop que j’aille jouer dans des endroits pareils, mais comme l’entrée était gratuite et que je proposais qu’elle vienne avec moi au cas ou je dépasserais les bornes, elle accepta et courut en ville, chez sa coiffeuse.
Le soir, nous allâmes donc au casino. A l’entrée, il y avait une grande machine à sous. Un panneau indiquait qu’il fallait entrer dans la salle dont la porte portait l’enseigne correspondant au symbole gagnant de la machine. Je laissai par galanterie mon épouse tirer le levier de la machine. Les trois séries de symboles roulèrent et s’arrêtèrent tous sur une illustration d’un feu. En effet, il y avait une porte dont une flamme était gravée. Je la poussai. Ce fut d’abord une odeur âcre de carbonisation et un nuage de fumée noire qui me fit tousser. Il y avait-là une grande pièce qui avait prit feu. C’était sans aucun doute une salle de jeu ; on voyait des fauteuils et des tables de jeux recouverts de suie et à moitié brûlés. Comme c’était étrange... Ce casino était neuf, comme le disait l’affiche, et en plus, s’était comme si plus personne n’était entré ici depuis l’incendie, même pas les pompiers, car les restes avaient brûlés assez longtemps pour être sous forme de cendre. Il y avait quelque chose de bizarre à mes pieds. Un tas de cendre beaucoup plus gros. Je m’agenouillai vers lui et regardai de plus près. Mais soudain, je fis un énorme bond en arrière. Il y avait un crâne. En fait, ce tas calciné était une personne ayant été tuée par les flammes! En reculant horrifié non seulement par cette vue affreuse mais aussi par l’odeur de souffre émanant du corps, mon pied écrasa ce qui devait être une sonnette. Un bruit sec tinta. Soudain, je me sentis mal à l’aise. Ma vue se brouilla et ma tête tourna. Je fermai mes yeux un instant pour reprendre mes esprits. Etonnamment, il y eut soudain un vent de chaleur et un grésillement. En rouvrant les yeux, la vue de salle carbonisée redevint comme elle devait l’être avant ; un beau papier peint rouge orangé, une moquette du même ton, des tables de jeux avec des croupiers vêtus de noir et des gens jouant, deux ou trois fauteuils près du bar, pour les conversations, un barman tiré à quatre épingles servant deux jeunes femmes assises sur des chaises hautes et une agréable atmosphère relaxante se mêlant à la musique d’ascenseur flottait délicatement dans l’air. A côté de moi, il y avait une ravissante rouquine emmitouflée dans un manteau de vison châtain qui me tenait le bras. C’était Isabelle, ma femme. Aussitôt je lui demandai si elle n’avait pas constaté une quelque chose de bizarre en entrant, comme la salle calcinée il y a à peine deux minutes et soudain redevenue neuve comme par magie. Elle me regarda d’un drôle d’air, puis rit doucement. Elle ajouta qu’elle était bonne, quoiqu’un peu étrange. Ouf! Tout cela n’était qu’une hallucination. Un serveur vint vers nous et prit nos vestes qu’il alla déposer au vestiaire. Quand nous marchâmes vers une des tables où on jouait à la roulette, je remarquai que certaines gens se retournaient sur notre passage. Isabelle me glissa à l’oreille « Non mais tu as vu comme ils sont habillés! Tu crois qu’il fallait se déguiser ? » Je fis non de la tête. « On l’aurait précisé dans la publicité. Ils sont tous très bien habillés, c’est tout.» Pourtant, les hommes étaient habillés en smoking, nœud papillon, tous en noir, alors que moi j’avais un costard gris clair et une cravate bleu clair. Quant aux dames, elles avaient des magnifiques robes dignes de Canne, du style de Marilyne Monroe et ma femme une robe, heureusement, noire mais très courte comme une minijupe. Les coupes de cheveux non plus ne coïncidaient pas ; moi les cheveux plaqués en arrière par du gel et ma douce les cheveux raides, alors qu’aucune femme n’avait des cheveux comme ça; un minimum de volume au moins. Nous nous asseyâmes mal à l’aise.
La soirée se prolongea. Nous ne nous sentions mieux au fur et à mesure que le niveau de nos verres baissait. Il y avait des soirs comme ça où on a une chance incroyable. J’avais déjà gagné plus de cinq mille francs. Isabelle se leva pour aller au bar, elle faisait toujours ça quand elle en avait mare, normalement, je terminai ma partie et allai la chercher pour que nous rentrions, mais pas ce soir. Il fallait que je profite de cette chance inouïe. Et pourtant, il eut mieux valu que nous rentrâmes. Une ou deux parties plus tard, des cris me firent sortirent de ma transe ludique. Près du bar, un des rideaux avait pris feu. Tout d’abord, un ou deux serveurs se précipitèrent avec de l’eau pour l’éteindre, mais ce fut l’effet contraire et une nuée de flammes embrasa un des lustres. La corde qui le tenait se cassa et il tomba par terre, non loin de moi. Ce fut la panique. Le feu se répandait de plus en plus vite et je faillis me faire piétiner à maintes reprises par la foule de gens qui courait partout. Puis, ce fut à moi de véritablement paniquer; Isabelle. Où était-elle ? Je me relevai. En me précipitant vers le bar, je fis tomber une ardoise. Elle était bien là, prisonnière des flammes car le lustre formait une barrière entre elle et moi et pas moyen de le contourner. Je vis une larme perler sous ses beaux yeux verts. Moi aussi je pleurais, mais tout n’était pas perdu. Je lui criai de sauter par-dessus les flammes, bien qu’elles soient hautes, il fallait prendre le risque. Je m’écartai pour lui laisser plus de place. Je distinguai vaguement sa forme reculer et puis sauter.
Malheureusement, une boule de feu ressortit des flammes et j’entendis sa voix hurler tendis qu’elle tombait à terre, complètement calcinée par le feu, morte. Elle était tombée tout près de moi et la surprise m’avait fait tomber à terre. Un étrange bruit sec retentit à mes oreilles. La fumée me prit la gorge et je fermis mes yeux un instant pour toussoter. Le crépitement du brasier cessa et quand je les rouvris, tout le feu s’était éteint et la pièce était noire de suie. Je trouvais de nouveau dans la salle brûlée, la même que le casino. Je me relevai et je vis sur quoi j’étais tombé; la sonnette. J’époussetai la poussière noire de mon pantalon. Près de moi, il y avait toujours le malheureux corps rongé par les flammes. Pauvre vieux. Mais quelque chose d’autre attira mon attention ; il y avait tout près une ardoise. Sans doute celle que j’avais fait tomber en courant vers le bar. Seulement, sur la pancarte, il y avait écrit «Mardi, se produira Mlle. Linette Ron, venez nombreux! » Linette Ron... Se nom me disait quelque chose... Mon père m’avait bien parlé d’un Linette Ron, c’était une chanteuse de music-hall très connue à l’époque qu’il adorait. Il avait même une affiche d’elle dans le salon. Mais c’était impossible, car Linette Ron était morte en 56, tuée par son mari...Et pourtant, s’il y avait cette ardoise...
Soudain, un doute affreux m’étreignit. Je m’assis et fouillai dans les cendres du corps. Je sentis quelque chose de dur. Je l’extirpai. C’était une bague, plus exactement une alliance. En la nettoyant, j’eus un sursaut; à l’intérieur, il était gravé «Isabelle et James, pour la vie... ».

Le galion maudit

Posté le 16.09.2007 par bouquins
[i]Le Galion Maudit

Il y a fort longtemps, en Bretagne, une des îles était particulière. En effet, elle abritait un galion échoué remplit d’or et pierres précieuses. Mais les propriétaires de ce bateau étaient des pirates et les gens malhonnêtes appartiennent au Diables. Celui-ci, mécontent du sort de ses disciples, lança un maléfice sur le galion pour que personne ne dérobe son butin. Chaque être qui pénétrait dans l’épave se trouvait confronté aux fantômes des pirates et se transformait elle aussi en fantôme et devait le défendre, désormais, aux côtés des forbans.

Quelques années plus tard, un prince étranger demanda en mariage la fille du baron de l’île. Mais malheureusement, à cause du galion, plus personne ne voulait traiter avec « l’île Maudite » et les habitants de plus en plus pauvre. Ce qui fait que le baron ne pouvait payer la dote demandée en échange du mariage.

La fille du baron, nommée Célia, aimait en secret se beau prince, et ne voyait aucune autre solution que de payer en volant l’argent du galion. Après tout, il s’était échoué sur leur île, il appartenait donc à son père… Et son amour n’était pas le seul enjeux, se marier constituait une alliance pour leur île et les paysans pourraient enfin vendre leurs récoltes…

Une nuit, elle partit donc pour la crique ou le bateau se trouvait et entra à l’intérieur… D’abord, elle ne vit que les parois en bois humide de la coque envahie par les mollusques, mais quand ses yeux furent habitués à l’obscurité, elle distingua des montagnes de pièces d’or anciennes…Mais n’y avait t-il que ça ? Non, des formes indistinctes dansaient sur les tas d’or ; les pirates et les âmes des voleurs. En un instant elle se retrouva face à son corps inanimé, mort.



Son père devina immédiatement ou elle c’était rendue et la pleura énormément. Mais même la tristesse à une fin… Après mûre réflexion, il décida d’aller voire le diable en personne et comme nul ne l’ignore, le Diable séjourne dans une grotte, à quelques miles de là.

Il partit donc à cheval, et seul. Arrivé devant la grotte, il sollicita une entrevue avec le Malin. Il l’accorda sans hésitation, impressionné par son courage. Et le roi lui raconta sa mésaventure. Le Diable écouta attentivement et à la fin de son récit, déclara : « J’admire ta noblesse, baron et je trouve ton esprit très pure, même peut-être trop, c’est pour ça que je te propose un marché que tu ne pourra refuser… tu restera ici pour toujours avec moi, et en échange, je ressusciterais ta fille. » le baron réfléchit. Rester dans cette grotte, n’avait rien de plaisant, surtout avec le maître du Mal… Mais Célia contait plus que tout. C’est pourquoi il accepta. « …Mais je désire que tu enlève ta malédiction du navire, je pourrais ainsi te ramener l’or si tu le souhaite et le marché sera équitable… » « Décidément tu est bien trop malin pour que je te laisse sur terre… c’est d’accord, mais gare à toi si il manque une seule pièce ! »
Sur ces mots, il retourna sur son île. Il alla chercher des sacs et une charrette et y chargea toutes les richesses. Cela lui aurait pris trois jours si il n’avait mis autant de cœur à faire cette tâche, car il avait hâte de retrouver sa fille… Le voyage fut plus long, car il était plus lourd, mais il arriva sans peines à la grotte.

Célia l’attendait, sur un rocher, enchaînée à la cheville. Le Diable l’attendait aussi, tapis dans les ténèbres. « C’est bien, tu n’as rien garder pour toi, j’ai fais disparaître le bateau. Je peux délivrer ta fille. » La chaîne disparut et elle pu sauter dans les bras de son père en pleurant à chaudes larmes. Puis elle monta dans la charrette et disparu dans la brume…

C’est le dernier souvenir que le baron eût de sa fille tant aimée…
Mais cependant, certains échos lui parvinrent ; son île fût de nouveau côtoyée et riche, Célia pu se marier à l’homme qu’elle aimait et tous ont

retrouvé la joie qu’ils avaient perdus depuis deux siècles… Mais une autre légende parvint à ses oreilles, celle que chaque nuit tous les mois,
une silhouette vient pleurer dans une crique perdue, ou gisait autrefois un galion maudit…
[/i]

Le lac glacé

Posté le 16.09.2007 par bouquins
[i]Le lac glacé...

Par une gracieuse matinée dorée,
Chevauchant une monture assoiffée,
Par l’eau claire d’un lac glacé,
Celle-ci comblait son désire à grandes lampées.

Un bruissement calme et tendre,
Vint doucement à mes oreilles tinter.
Mais d’où venait cette mélopée,
Que je venais tantôt d’entendre ?

Une silhouette nue de vêtement et de gêne,
Sur le courant glissait doucement.
Brusquement cette vue m’enleva amour et haine,
Je me sentis comme dénué de sentiments.

Cette jeune fille traînait derrière elle,
Une superbe chevelure noir suie,
Aussi avait-elle l’air d’une hirondelle,
Planant les ailes trempées de pluie.

Un regard inquiet et surpris de sa part,
Dévoila des prunelles couleur chêne,
Qui piquèrent mon cœur de leur poignard.
Me voilà subjugué par telle magicienne.

Me voyant spectateur de son théâtre,
L’inconnue s’en retourna à la berge,
Et sans autre disparut dans l’âtre,
Ne laissant que le souvenir d’une jeune vierge.

Depuis, chaque matin à l’orée,
Je retourne auprès du lac glacé,
Dans l’espoir, je l’avoue, insensé,
De revoir ma tendre et belle Dulcinée... [/i]

Bleu froid

Posté le 16.09.2007 par bouquins
Il y a peu de cela, il m’est arrivé une aventure qui me glace le sang toutes les nuits et qui a gâché mes plus grandes ambitions.

A l’époque où j’étais encore à la fac, je travaillais très dur et je ne m’en serais pas sortie sans le samedi. Alors que je voyais mes amis si stressés par les épreuves scolaires qu’ils en avaient des boutons dans le dos, je profitais des samedis, jour de repos, pour assouvir une de mes passions. Grâce à celle-ci, je me relaxais assez pour supporter la semaine. C’est le dessin. Cela vous étonne ? Mais attention, pas la peinture! Seulement le dessin au crayon gris.

Je faisais partie d’un petit groupe qui partait chaque samedi dans un musée différent, mené bien sûr par un professeur, et chacun était libre de reproduire le tableau qu’il voulait.
Or, ce jour-là, nous étions allés dans un musée hors de la ville, dédié à un artiste du XVème siècle peu connu, mais talentueux. J’y étais déjà allée ; j’avais un ami qui travaillait là-bas comme gardien de nuit. A la fin du cours, je passai devant un tableau que je n’avais pourtant jamais remarqué. Un chef-d’œuvre ! La finesse et le caractère du trait étaient... si précis, si uniques ! Indescriptible. Il avait, indiscutablement été réalisé par le même artiste, mais à côté, les autres étaient des caricatures.
Le tableau représentait une jeune fille brune, assise de dos et jouant du piano.
Je regardai ma montre. Le musée fermerait une heure plus tard, il me restait tout juste le temps de faire une esquisse. Je déballai donc pour la deuxième fois du jour ma mallette où je rangeais mon matériel et me mis à tracer de grands traits sur mon calepin.
Etait-ce moi ou une faible et douce mélopée résonnait dans les couloirs vides du musée ? En entendant cela, je levai mon crayon et la complainte s’arrêta. Je m’endormais sans aucun doute. Mais à peine je le reposai sur la feuille, elle recommença à tinter. De nouveau, je levai mon crayon et elle s’arrêta. Mais à la troisième fois, je laissai la mine sur le papier et j’écoutai la musique. Etrange, elle restait sur la même note jusqu’au moment où mon graphite reprenait ses vagues. Ainsi cette musique était maîtrisée par mon dessin... Au lieu de m’en inquiéter ou de m’en affoler, je m’en amusai comme un enfant.
Je m’aperçus plus tard qu’un vent léger, mais doux, soufflait dans la pièce. Le dessin était presque fini, et la mélodie était de plus en plus forte. C’était la 5ème symphonie de Beethoven. Un autre détail attira mon attention. Non seulement j’avais l’impression que les doigts de la jeune fille du tableau couraient sur le clavier, mais ses cheveux s’envolaient au rythme du vent qui soufflait. Un peu inquiète tout de même, j’arrêtai de dessiner et je m’approchai de la toile. Pourtant, la musique ne s’arrêta pas. Stupéfaite, je remarquai que ce n’était pas qu’une illusion, mais bel et bien la réalité. Et non seulement ses cheveux et ses doigts bougeaient, mais tout à coup, elle se leva et d’un geste las, enleva sa main du piano. Comme si c’était elle qui jouait, la mélodie s’arrêta. Sous l’émotion, je reculai et, les yeux grands ouverts, je vis qu’elle se retourna lentement vers moi, tel le fiancé sur l’autel, se retournant vers la mariée faisant son entrée dans la chapelle.
Horreur et stupéfaction ! Une goutte glacée roula le long de mon échine. La jeune fille du tableau...c’était moi.
C’était moi aux traits durs, froids et méchants. Seule différence : ses, ou mes yeux étaient bleus. Un bleu froid, givré. Dans un élan de terreur absolue, je poussai un cri déchirant et je courus hors de la salle. Sans le faire exprès, je glissai sur ma feuille qui était tombée par terre et la déchirai. De justesse, je me rattrapai, mais j’entendis le bruit de la feuille se déchirer dix fois plus fort que la normale et j’aperçus une lumière si brève, que je m’en souviens à peine. Si paniquée, je détalai au plus loin sans oser me retourner.

Mon ami me retrouva dix minutes après, écroulée sur un banc et pleurant à chaudes larmes. Il me dit qu’il avait entendu un cri et était parti à ma recherche. Bien sûr, je dus lui raconter mon histoire, entre deux hoquets et nouvelles crises de larmes.
Comment lui en vouloir de ne pas me croire ? Mais à cet instant j’étais encore sous le choc de mon aventure. Et je me sentis obligée de le conduire à la salle.
Mais avec épouvante, je vis qu’il n’y avait plus de tableau.
A la place, la grande peinture à l’huile qui se trouvait à côté s’était agrandie et couvrait la partie du mur où il était accroché.
« -Tu vois bien que ton tableau n’est pas là, me fit-il judicieusement remarquer. »
Bouche bée, je regardai le mur.
« -Mais il était là ! Je n’ai pas rêvé, j’en suis sûre. Il est peut-être dessous, aide moi à décrocher cette toile.»
Nous décuplâmes toutes nos forces pour le dépendre, mais il n’y avait rien. Et aucune trace de jaunissement dû au soleil.
« -Tu vois, tu t’es endormie.
-Ça non ! Sûrement pas ! »
La colère montait en moi. J’étais absolument sûre de l’avoir vécu. Quel sot de ne pas me croire !
Soudain, son visage se décomposa et il me regarda horrifié. Il me dit d’une voix tremblante :
« -T... Tes yeux... ! Ils sont devenus bleus ! »

Les messes noires

Posté le 16.09.2007 par bouquins
Hey! Si vous avez un peu de temps, allez voire monarticle sur les messes noires:

http//wikipedia.org/wiki/Les_messes_noires


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